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Pour les artistes-auteurs les plus précaires, pas de réduction de cotisations ? - 13/07/2020

COMMUNIQUÉ COMMUN DES REPRÉSENTANTS DES ARTISTES-AUTEURS - 13 JUILLET 2020

https://www.artistes-auteurs.fr/communiques/13-juillet-2020/

 

EXTRAITS DU COMMUNIQUÉ :

En créant « un seuil d’au moins 3 000 € de revenus en 2019 » comme condition pour bénéficier d’une aide, seraient exclus :

- la plupart des artistes-auteur·trices en début d’activité ; 

- les artistes-auteur·trices ayant consacré leur année 2019 à créer des œuvres sans en avoir tiré un bénéfice supérieur au seuil ; 

- des artistes-auteur·trices ayant engagé des frais importants de production d’œuvres ; 

- des artistes-auteur·trices ayant investi dans le développement de leur activité professionnelle (outils, matériels, frais de local professionnel, ...) ; 

- des artistes-auteur·trices ayant subi d’importants coûts de réparation ou d’entretien ; 

- des artistes-auteur·trices dont l’activité artistique professionnelle a été réduite parce qu’ils ont suivi une formation professionnelle longue pour développer leur compétence artistique ; 

- des artistes-auteur·trices dont l’activité artistique professionnelle a été réduite en raison d’un congé maternité, de problèmes de santé ou d’un accident de parcours ; etc.  

 

Ces créateurs et créatrices seraient donc les seuls, parmi tous les travailleurs non-salariés, à ne pas bénéficier d’une réduction de leurs cotisations sociales.  En l’état, le dispositif constituerait un désaveu de l’engagement présidentiel à soutenir la création artistique en général et la création émergente en particulier.

 

Nous demandons donc au gouvernement et aux parlementaires de modifier le texte afin :

- de n’exclure aucun·e artiste-auteur·trice de la réduction sur le paiement de leurs cotisations 2020 ;

- d’octroyer une aide significative, donc d’instaurer un montant forfaitaire d’au moins 1 000€ (et non « d’au moins 500 € » !) ;

- de veiller à réellement limiter les effets de seuil engendrés par les paliers à 8 000 € et 20 000 €.

 

Nous souhaitons rappeler que les artistes-auteurs·trices sont les seuls travailleurs non-salariés à ne pas pouvoir bénéficier d’une aide sociale de leur propre régime. Ils ne comprendraient pas que, de surcroît, le montant d’aide minimal au paiement des cotisations (500 € dans le texte actuel) soit inférieur à tous les montants forfaitaires d’aide qui seront retenus pour les autres travailleurs non-salariés.

 

De plus, nous observons que le coût global de la mesure telle qu’actuellement envisagée serait en réalité très largement inférieur aux 100 millions annoncés par le gouvernement. En effet, non seulement les revenus des artistes-auteurs·trices, donc leurs cotisations proportionnelles, seront en forte baisse en 2020, mais encore l’aide forfaitaire est plafonnée et différentielle (« dans la limite des cotisations et contributions de sécurité sociale dues au titre de l’année 2020 »).

 

Nous nous étonnons fortement que l’exposé sommaire de l’amendement du gouvernement ait pu affirmer que « le seuil de 3 000 € de revenus... correspond au seuil qui ouvre droit à la formation professionnelle (AFDAS) », alors qu’en réalité, l’ouverture du droit à la formation professionnelle n’est nullement fondée sur un seuil de revenu annuel à 3 000 €, mais sur des chiffres d’affaires cumulés (9 000 € sur 3 ans, 12 000 € sur 4 ans et 15 000 € sur 5 ans).

 

Un seuil minimum de « revenu artistique » est d’autant moins opératoire que l’évaluation de l’activité de tout acteur économique ne se mesure pas à son bénéfice, mais à son chiffre d’affaires. Exclure de l’aide au paiement des cotisations les artistes-auteurs·trices dont le bénéfice est faible en 2019 en raison du niveau de leurs dépenses professionnelles serait particulièrement aberrant.

 

Par ailleurs, l’introduction comme critère d’un seuil minimal de revenu annuel ne permet nullement d’atteindre l’objectif visé par le gouvernement. Par exemple, un homme politique, un sportif de haut niveau ou n’importe quelle personnalité connue peut aisément avoir écrit un bestseller qui lui rapporte en 2019 un revenu complémentaire supérieur au seuil, pourtant son « activité artistique » — ni habituelle, ni constante — n’est nullement « significative ». Inversement, un·e artiste-auteur·trice dont l’activité artistique est exercée à titre habituel, constant et dans un but lucratif — donc à titre professionnel selon les critères de l’administration fiscale — peut aisément avoir consacré son année 2019 à créer des œuvres sans en avoir tiré un bénéfice supérieur au seuil. 

 

La déconnexion entre le travail effectué et l’éventuelle rémunération qui en résulte est la principale spécificité de la création artistique.

 

Ainsi, le critère retenu par le gouvernement est déconnecté de la réalité et de la spécificité des conditions d’exercice professionnel des artistes-auteurs·trices. Ce critère exclurait de fait de nombreux professionnels de la création artistique lourdement impactés par la crise… Autrement dit, en l'état du texte, les écueils seraient pleinement atteints, contrairement aux objectifs !   

 

Organisations signataires :

 

adaBD - association des auteurs de Bande Dessinée

AICA - France Association Internationale des Critiques d'Art

CAAP - Comité Pluridisciplinaire des Artistes-Auteur·trices

CEA - Commissaires d’Exposition Associés

Charte des Auteurs et Illustrateurs Jeunesse

CLAP - Comité de Liaison et d'Action pour la Photographie

EGBD - États Généraux de la Bande Dessinée

Ligue des auteurs professionnels

SELF - Syndicat des Ecrivains de Langue Française

SMdA-CFDT - Syndicat Solidarité Maison des Artistes CFDT

SNAA-FO - Syndicat National des Artistes-Auteurs FO

SNAP-CGT - Syndicat National des Artistes Plasticiens CGT

SNP - Syndicat National des Photographes

SNSP - Syndicat National des Sculpteurs et Plasticiens

UNPI - Union Nationale des Peintres-Illustrateurs

USOPAVE - Union des Syndicats et Organisations Professionnelles des Arts Visuels et de l’Ecrit